Filière : Quinoa
- Pays :
- Bolivie
- Zone de production :
- Salar d’Uyuni, Salinas Garci Mendoza. Les producteurs sont répartis autour de 4 zones soit une cinquantaine de villages.
- Nombre de bénéficiaires :
- 220 producteurs associés à Jatariy qui emploie 25 personnes dont 3 techniciens qui assurent le lien permanent avec les producteurs.
- Culture :
- quinoa Real (blanche et rouge)
Historique du projet
En 1988, Euro-Nat découvre « le riz des Incas » ou graine de quinoa sur un stand présenté par la Bolivienne Adela Godoy lors d'un salon de produits biologiques à Genève. Une première présentation de ce produit est effectuée lors du salon de produits biologiques Dietexpo à Paris en octobre 1989. Les débuts de commercialisation sont difficiles car cette graine est peu connue.
La rencontre du président de l'association Point d'Appui au printemps 1990 marque un tournant dans l'aventure de cette graine. En 1991, un voyage est organisé en Bolivie pour aller à la rencontre des producteurs de quinoa.
Euro-Nat travaille tout d'abord avec une coopérative de producteurs, puis l'usine Jatariy est ensuite construite dans la banlieue d'Oruro afin de garantir une meilleure traçabilité et qualité des graines. Les opérations de triage, nettoyage, désaponification, ensachage, stockage et expédition y sont effectuées.
Partenaires locaux
-Inti Lllilimani (et Bolivia Inti en France) association pour la diffusion et promotion de fours solaires auprès des communautés de producteurs. Le programme prend fin en 2011.
-Fautapo : ONG Bolivienne chargée du conseil, de l'accompagnement agronomique et du développement de projets (appui ponctuel).
Contexte
La quinoa constitue l'une des principale source de revenu sur l'aride territoire de l'Altiplano pour les producteurs. Situées au-dessus de 3500 m sur le niveau de la mer, les zones de culture sont soumises à de rudes conditions climatiques, de longues périodes de gel, des vents forts et un taux d'humidité bas. L'isolement du territoire par rapport aux moyennes villes et aussi un handicap.
De nombreuses communauté locales, principalement d'origine Aymara et Quechua vivent sur l'Altiplano. Leurs traditions culturelles et sociales sont encore très présentes et influencent fortement le quotidien des habitants.
Enjeux
Ces dernières années, la demande du marché a dynamisé l'attrait la culture de la quinoa, à tel point que des citadins sont même revenus s'installer sur le territoire pour cultiver et valoriser la quinoa à très bon prix, rappelant un peu les ruées vers l'or aux Etats-Unis. Le cours de la quinoa a connu son plus haut niveau en 2009 et tend à se stabiliser actuellement. Le prix minimum garanti n'avait plus de fonction de filet de sécurité car les prix à Challapata, ville accueillant le marché local pour l'achat et la revente de la graine, était bien au-dessus des prix équitables rémunérateurs garantis.
Ce succès a engendré une intensification progressive de la culture de quinoa, ce qui a, par endroit, totalement bouleversé l'organisation sociale et culturelle des producteurs. L'utilisation et l'élevage de lama a aussi décrue, diminuant la possibilité pour les producteurs d'enrichir leur terre avec la matière organique que représente le tiercol des animaux. Certaines zones de cultures, notamment en plaine, ont vu le rendement de la quinoa fortement diminuer car les périodes de repos des terres ont été raccourcies, voir arrêtées dans le pire des cas.
Pour assurer une gestion durable de la quinoa sur la zone intersalar bolivienne, plusieurs acteurs français du commerce équitable et du développement de l'agriculture biologique se sont rencontrés pour faire le point sur les mesures à mettre en oeuvre face à ce danger. L'organisation AVSF (Agronomes et vétérinaire sans frontières) a notamment réalisé une étude d'impact du commerce équitable du quinoa dans l'Altiplano sud Bolivien en 2010.
Description du programme
Les actions sur place en Bolivie favorisent les conditions de vie des Indiens de l'Altiplano :
-dans leur travail par le respect des droits sociaux, l'organisation de la formation en agronomie, la mise en place de « prix plancher » assurant au producteur une rémunération minimale de leur production. En 2010, deux stagiaires ont réalisé une étude des coûts de production sur les quatre zones impliquées. Ils ont pu confirmer l'adéquation des prix pratiqués sur cette filière avec les coûts de revient moyens de la production.
-dans leur communauté par l'intermédiaire des associations Inti Lllilimani, de la Fautapo. Une partie de la prime de développement est investie directement dans les communautés villageoises : aménagement de puits d'eau potable, construction d'écoles avec apport de matériel scolaire, mis en place de centres de soins gratuits, dons de semences de quinoa.
-Jatariy prend à sa charge le transport du lieu de production à l'usine ainsi que les sacs de quinoa et le matériel de lutte contre les insectes qui dévorent les plantes. L'entreprise alloue aussi une partie de la prime au paiement des impôts des villages avec lesquels elle travaille.
L'entreprise n'achète pas la totalité de la récolte afin que le producteur en garde une partie, environ 20%, pour sa consommation familiale.
Les actions permettant d'assurer la durabilité de la production de la quinoa :
L'agriculture biologique est une première base technique assurant un respect de la vie dans les sols. Mais cela n'est pas suffissant. Avec Jatariy, les producteurs associés sont incités à privilégier les cultures situées en coteaux et en montagne plutôt qu'en plaine. Jatariy paie ainsi plus chère la quinoa produite sur ces terres non mécanisables et moins chère la quinoa provenant des plaines, où le risque d'épuisement du sol est plus important. En 2010, ce système d'incitation financière assez efficace n'était pas encore repris par d'autres organisations de producteurs.
Jatariy a édité pour les producteurs associés un guide illustré, traduit en Aymara, reprenant toutes les règles biologiques ainsi que les bonnes pratiques durables de la quinoa (ne pas arracher mais couper la plante pour laisser la racine et la matière organique se transformer dans le sol, cultiver les lignes de quinoa dans le sens perpendiculaire à la pente pour éviter l'érosion par ruissellement, par exemple.
La Fautapo accompagne ponctuellement certaines communautés de producteurs pour les former à mettre en place des barrières vives végétales afin de réduire l'érosion éolienne dans les champs.
Jatariy fournit des pièges à phéromones aux producteurs associés pour lutter biologiquement contre les larves de papillons qui attaquent la plante de quinoa.
Enfin, grâce au système de contrôle interne indispensable pour la certification biologique, les techniciens peuvent suivre les temps de repos des parcelles de quinoa et vérifier le respect de zones de production déclarées.
En mai 2011, cette filière a fait l'objet d'une mission de terrain réalisée par l'association Bio Partenaire. La mission visait à appréhender concrètement la problématique de durabilité de la production de quinoa sur l'Intersalar et à orienter l'entreprise porteuse de projet (Euro-nat) grâce à une approche « HACCP FILIERE ». (Analyse des risques filière et propositions de renforcement des point faibles) développée par Bio Partenaire.
Entreprises engagées dans cette filière

- Association des petites et moyennes entreprises impliquées dans une logique de développement économique durable.

